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23 juin 2013 7 23 /06 /juin /2013 08:54

La métaphysique peut-elle nous donner accès à une connaissance authentique du réel, au-delà de ce que les sciences positives peuvent nous enseigner? Cette connaissance peut-elle être certaine? Peut-elle revendiquer, elle aussi, l'appellation de "science"? Ou bien n'est-elle que pure spéculation, une suite d'affirmations arbitraires et de raisonnements en l'air, sans autre intérêt que de faire ébullir nos petites cellules grises?

 

C'est la grande question à laquelle le philosophe allemand Emmanuel Kant a tenté d'apporter une réponse définitive. Pour ce faire, Kant s'est proposé d'analyser la raison humaine avant toute considération métaphysique. Quoi de plus normal, me direz-vous : avant de procéder à la première réflexion métaphysique - qui concerne la question (la plus fondamentale entre toutes) de l'Absolu [1] -, il faut vérifier au préalable la qualité de l'instrument que l'on utilise, en apprécier la valeur. A quoi bon se lancer dans de grandes démonstrations éloquantes s'il s'avère que les moyens employés sont... défectueux? Kant ambitionne donc d'ausculter, avec le regard critique du philosophe, la raison humaine antérieurement à toute connaissance sensible et expérimentale - ce qu'il appelle la "raison pure" - pour voir s'il est possible à cette dernière de connaître quoique ce soit par elle-même. Il prend soin surtout de considérer la raison humaine en amont de toute affirmation métaphysique préalable sur son statut ontologique.

 

Mais il place alors la raison humaine dans une situation impossible! Car de deux choses l'une. Ou bien la raison est incréée (disons : une étincelle de l'Absolu incréé) - ou bien elle est créée (par un Absolu qu'elle n'est pas elle-même). Il n'y a pas de moyen terme. Une théorie de la connaissance est tout à fait envisageable dans l'hypothèse d'une Création, comme dans celle, alternative, d'une Nature incréée. Mais si l'on appréhende la raison humaine dans un cadre théorique où elle n'est supposée ni créée ni incréée, on aboutit à un résultat dont rien ne dit qu'il soit conforme à la réalité (puisque l'hypothèse de départ est irréelle) [2]. La critique de la Raison pure de Kant n'est donc pas au-dessus de toute... critique.

 

Kant affirme que la raison humaine ne peut rien connaître en dehors de ce qui est vérifiable expérimentalement ; que toute extrapolation métaphysique est illégitime puisqu'après analyse, on voit bien que la raison ne peut rien connaître d'autre que ce qu'elle perçoit directement, par l'expérience et le calcul, de la réalité physique extérieure qui est l'objet unique de son savoir, de sa science [3]. La métaphysique, pour Kant, est donc impossible. Il est impossible pour l'homme de transcender l'expérience sensible et de parvenir à quelque certitude sur une prétendue réalité se situant au-delà de la physique. Il lui est impossible en particulier de dire s'il existe ou non un Absolu qui fonde l'être des choses que nous percevons par nos sens et mesurons par nos instruments de calcul. La question de l'Absolu est donc une fausse question - une question qui ne se pose pas ou, à tout le moins, une question insoluble [4].

 

En déracinant le sujet humain de l'Absolu - mettant volontairement de côté la question métaphysique de savoir si l'Absolu existe et, s'il existe, de savoir si c'est le sujet humain qui est l'Absolu incréé (ou son émanation) ou si c'est un Autre - Kant observe que l'intelligence humaine est incapable de transcender le donné expérimental et, par suite, de justifier une quelconque activité métaphysique. Mais comment pourrait-il en être autrement? Si j'osais une analogie, je dirais : Kant place l'homme dans un trou théorique de 10 mètres, et il constate qu'il ne peut en sortir. La question serait de savoir si le trou réel fait 10 mètres. Pour le savoir, il faudrait tenter d'en sortir. Peut-être le découvririons-nous alors moins profond que nous ne le pensions et suspectible d'être gravi - fût-ce laborieusement. Mais Kant nous réplique : si vous tentez de sortir du trou, c'est que vous le présupposez moins profond que 10 mètres... Kant nous replace donc dans son trou théorique de 10 mètres et proclame, victorieux : "Il est maintenant démontré que l'homme ne peut sortir du trou et qu'il ne peut rien connaître que le trou"...

 

Autrement dit : la réfutation de la métaphysique par Emmanuel Kant repose elle-même sur un présupposé non remis en question - mais que Tresmontant conteste : le présupposé que la raison soit intelligible en dehors de son statut ontologique d'être créé ou incréé. L'erreur fondamentale de Kant est de considérer la raison comme une chose, un organe que l'on dissèque, une machine dont on peut examiner les rouages et le fonctionnement en observant simplement sa structure, avant même de le voir fonctionner. Ce présupposé - d'autant plus pernicieux qu'il est inconscient - est, n'en déplaise au philosophe allemand, de nature... métaphysique, puisqu'il implique, au fond, que la raison humaine soit une fabrication... de l'homme - ce qui est évidemment faux. En affirmant sentencieusement que la raison humaine est incapable de quelque connaissance métaphysique, Kant s'érige de fait comme... le Créateur de la raison humaine! La conclusion se veut humble (l'homme ne peut rien connaître de certain en dehors de l'expérience et du calcul, il doit rester prudent en face de la réalité, et ne rien affirmer dogmatiquement qu'il ne puisse vérifier) - ; mais la prémisse qui y conduit est d'un orgueil démesuré : la prétention de connaître parfaitement la raison humaine - et de pouvoir tout en dire -, comme si nous en étions nous-mêmes les concepteurs.

 

"L'ouvrier connaît d'une manière radicale et exhaustive, a priori, l'objet, la machine qu'il a fabriquée, car il en a fait le plan, et il l'a construite à partir de ce plan. Mais l'homme n'est pas une machine fabriquée par l'homme. Aussi l'homme est-il pour l'homme lui-même mystère. Cela ne signifie pas que l'homme soit inconnaissable à l'homme, mais cela signifie que l'homme ne peut pas se connaître lui-même comme l'ouvrier ou l'artisan connaissent la machine qu'ils ont montée, pièce à pièce, et qu'ils sont capables de démonter, dont ils connaissent intégralement l'économie. L'homme ne connaît pas sa structure et son économie comme l'artisan connaît l'objet qu'il fabrique, a priori. L'homme ne peut se connaître lui-même, anatomiquement, physiologiquement, psychologiquement, intellectuellement, que comme un objet qu'il n'a pas fabriqué, comme un objet qu'il n'a pas créé. Et cela est vrai aussi du sujet transcendantal. L'homme peut le découvrir progressivement, comme il découvre la structure de son propre organisme, laborieusement, après des siècles de recherche toujours inachevée et indéquate. Mais il ne peut décrire a priori la structure du sujet transcendantal, parce que de ce sujet transcendantal il n'est pas l'artisan, et que l'on ne connaît a priori exhaustivement que ce que l'on fabrique.

 

"Ce que nous reprochons à Kant, c'est d'avoir traité de la raison humaine comme si celle-ci était une machine dont on puisse démonter les pièces une par une, et dont on puisse mesurer le pouvoir, et évaluer l'aptitude à s'appliquer au réel. La raison n'est rien de tel." [5]

 

(à suivre...)

 


[1] Cf. nos articles du 23 décembre 2012, La question fondamentale - absolument première, et du 15 janvier 2013, La question de l'existence de Dieu.

[2] Cf. notre article du 9 juin 2013, La critique kantienne de la métaphysique.

[3] étant précisé toutefois que pour Kant, l'intelligibilité n'est pas dans les choses, mais dans la seule intelligence qui regarde les choses. C'est l'intelligence qui rend les choses intelligibles, qui leur donne une forme intelligible, non les choses qui sont intelligibles en elles-mêmes. On ne connaît donc pas des choses en soi, mais seulement selon les éléments d'intelligibilité que l'intelligence y a déposé. Cf. nos articles du 27 novembre 2011, 3e présupposé de la méthode déductive : La nature n'est pas informée et du 26 décembre 2011, Réfutation du 3e présupposé de la méthode déductive

[4] Cf. nos articles du 3 février 2013, Ceux qui disent que le problème ne se pose pas, et du 10 mars, Ceux qui disent que le problème est insoluble.

[5] Claude Tresmontant, in Essai sur la Connaissance de Dieu, Les Editions du Cerf, 1959, pp. 44-45.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 00:00

La raison humaine est-elle capable de connaître avec certitude quelque chose de vrai au-delà de ce qui est empiriquement attestable, vérifiable, expérimentable? Est-elle capable de traiter rationnellement et avec succès la question de l'existence de Dieu - dont nous avons vu qu'elle est la première question fondamentale qui se pose à l'intelligence humaine réfléchissant sur le monde? [1] Ou dit autrement : une connaissance métaphysique est-elle possible? Relève-t-elle en droit du croire ou du savoir? Peut-on dire de la métaphysique qu'elle est une science?

 

Il est un auteur important qui a contesté le pouvoir de la raison humaine d'atteindre à quelque vérité métaphysique : c'est le philosophe allemand Emmanuel Kant. Dans sa Critique de la Raison Pure, le professeur de Koenigsberg s'assigne pour fin de décrire la structure transcendentale de la raison humaine, de l'entendement et de la sensibilité. Au terme d'un examen minutieux et approfondi, il en vient à conclure que la raison humaine ne peut rien affirmer de certain en dehors de l'expérience ; qu'elle ne peut déployer ses potentialités que dans le cadre d'une démarche empirique ; qu'elle est incapable de transcender l'ordre de la connaissance sensible.

 

A l'appui de sa thèse, Kant avance ce qu'il lui semble être une preuve : l'absence de consentement unanime entre les philosophes. Là où les sciences expérimentales et les mathématiques ont réussi de manière éclatante, la métaphysique a visiblement échoué puisqu'elle s'avère incapable de rien démontrer de manière absolument convaincante ; elle se révèle impuissante à imposer une quelconque vérité aux grands penseurs de l'humanité. Elle n'a aucun caractère contraignant, et cela tient au fait qu'elle ne met au jour aucune certitude ; elle n'est donc pas une science - loin s'en faut -  et elle ne peut prétendre au statut de connaissance. La métaphysique est le lieu de la libre expression d'opinions divergentes et contradictoires - mais elle ne présente aucun intérêt pour le chercheur de vérité.

 

"C'est se décourager d'une manière prématurée, répond Claude Tresmontant, et c'est condamner bien rapidement un effort tâtonnant, maladroit, mais qui n'a pas été sans fruit." Il faudrait, pour s'en convaincre dresser "le bilan de deux ou trois millénaires de réflexion métaphysique" [2]. Vaste travail que le philosophe allemand n'a pas jugé bon d'entreprendre, et dont une admirable synthèse a été effectuée par Claude Tresmontant dans son maître ouvrage Les Métaphysiques Principales [3].

 

Mais comment Kant parvient-il à cette conclusion - qu'une métaphysique "scientifique" est impossible? Quel cheminement sa pensée suit-elle pour parvenir à cette affirmation - lourde de conséquences (puisque réduisant considérablement le champ de notre connaissance)? A partir de quel point de départ fait-il découler sa réflexion sur la raison humaine (sa structure, son fonctionnement, ses limites), sa critique du pouvoir de la pensée humaine?

 

Pour examiner si la pensée humaine est capable de transcender l'ordre matériel de la réalité pour parvenir à découvrir des vérités sur l'être des choses et des phénomènes observés au-delà de ce qui est visible, calculable et expérimentable, Kant place le sujet connaissant en amont de toute considération métaphysique. Il met de côté notamment la grande question - la question primordiale, fondamentale - de l'existence de Dieu pour pratiquer le doute méthodique et voir s'il est possible de sortir d'un tel doute par les capacités naturelles de la raison humaine. Cette suspension des questions métaphysiques (et de leur traitement) est un préalable indispensable, pense-t-il, pour examiner a priori si une métaphysique "scientifique" est possible. Pour répondre à la question de la scientificité de la métaphysique, Kant croit nécessaire de s'abstraire de tout préjugé métaphysique pour regarder, à partir de cette situation extra-métaphysique, si le sujet connaissant est capable ou non d'atteindre des vérités transcendant l'expérience. Kant se livre alors à l'analyse transcendantale de la structure du sujet connaissant pour constater in fine que celui-ci est incapable de rien connaître de vrai et certain au-delà de ce que la science nous enseigne.

 

La méthode kantienne souffre toutefois d'une grave déficience, justement soulevée par Tresmontant : "La mise entre parenthèses des affirmations métaphysiques repose sur certaines hypothèses (...) qu'il faut élucider. OU BIEN nous vivons dans l'Absolu, nous y sommes, nous nous y mouvons et nous y pensons, OU BIEN non. Mais il n'y a pas de moyen terme. (...) Il est impossible de traiter le problème de la connaissance sans se placer dans l'une ou l'autre hypothèse, en feignant de ne se placer dans aucune des deux. OU BIEN l'âme est incréée, OU BIEN elle est créée. OU BIEN l'esprit humain est créé, OU BIEN il est incréé. Le problème de la connaissance se pose de deux manières différentes selon que l'on se place dans l'une ou l'autre hypothèse. Et il est impossible d'éviter l'alternative. On ne peut étudier la structure et évacuer le pouvoir de la raison humaine sans poser la question de son origine radicale." [4]

 

En se plaçant au commencement dans une situation théorique dépourvue de sens (parce que la recherche du sens est encore une question métaphysique), il ne faut pas s'étonner d'aboutir à la fin à une conclusion insensée.

 

(à suivre)

 


[1] Cf. nos articles du 23 décembre 2012, La question fondamentale - absolument première, et du 15 janvier 2013, La question de l'existence de Dieu.

[2] Claude Tresmontant, in Essai sur la Connaissance de Dieu, Les Editions du Cerf, 1959, pp. 39.

[3] Claude Tresmontant, Les Métaphysiques principales, OEIL 1995.

[4] Claude Tresmontant, in Essai sur la Connaissance de Dieu, Les Editions du Cerf, 1959, pp. 41-42.

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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 00:00

"A parler franc, je suis persuadé qu'on accepte la foi ou qu'on la rejette

pour des raisons surtout philosophiques."

 

(P. Léonce de Grandmaison)

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 00:00

"Les arbres n'ont pas de dogmes. Les navets sont extraordinairement larges d'esprit... Il n'existe que deux sortes de gens : 

- ceux qui acceptent les dogmes et en ont conscience, 

- et ceux qui acceptent les dogmes et n'en ont pas conscience". 

(G.K. Chesterton)

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 12:07

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 10:33

Voici quelques conseils de lecture pour découvrir l'oeuvre de Claude Tresmontant.

 

1) Essai sur la pensée hébraïque (1953) 

On connaît les célèbres « Pensées » de Pascal en fragments. Tresmontant, lui, nous « passe » une Pensée.

 

2) Les problèmes de l'athéisme (1972)

L'athéisme est mort et ce livre en est le meurtre.

 

3) Essai sur la connaissance de Dieu (1959)

Déconstruction en bloc et définitive de Kant et progression digne d'une mélodie achevée dans la Révélation.

 

4) La mystique chrétienne et l'avenir de l'homme (1977)

La finalité du christianisme étudiée à la lumière de la raison humaine, laquelle n'est pas un instrument froid mais une exigence aimante.

 

5) La métaphysique du christianisme et la naissance de la philosophie chrétienne (1961)

Une somme érudite du même niveau qu'un Newman.

 

6) Introduction à la métaphysique de Maurice Blondel (1963)

Un « apéritif » comme il le présentait humblement ; une ouverture fulgurante à l'ontologie intégrale, la « cathédrale Blondel », la plus vertigineuse de toute l'histoire de la métaphysique.

 

7) Etudes de métaphysique biblique (1955)

De l'originalité définitive de la métaphysique biblique.

 

8) Introduction à la théologie chrétienne (1974)

Une synthèse implacable.

 

9) La question du miracle (1992)

Le mystère du surnaturel en acte. Avec une déconstruction de Renan.

 

10) La crise moderniste (1979)

Conscient que la crise moderniste poursuivait ses effets, Tresmontant a écrit cet ouvrage central pour mieux critiquer les dérives tant progressistes que traditionalistes qui divisent encore les chrétiens. En plus d'être une délectable plongée dans l'époque de Blondel et Laberthonnière, des questions aussi épineuses autour de la kénose, du mystère de la Trinité, des querelles scotistes/thomistes, Paul Mirault a bien vu, dans sa présentation, le « moment crucial » que constitue ce livre puisque Tresmontant entre « dans l'arène de la disputatio moderne » en entreprenant une « analyse génétique de l'hérésie moderne née au XIXe siècle » (Réalisme intégral, p.397)

 

A part : 

Le problème de la Révélation (1969)

Epoustouflante dé-monstration du dialogue entre Dieu et les hommes dans l'histoire : l'ontogenèse spirituelle.

 

L'enseignement de Ieschoua de Nazareth (1970)

Les théorèmes de vie du Christ.

 

Problèmes de notre temps – chroniques (1991)

Tous ses articles dans La Voix du Nord. Judicieux pour vraiment débuter et embrasser toutes les thématiques du professeur, avec plein d'humour.

 

Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu ? (1966)

Un vrai classique, Tresmontant unit la métaphysique avec les sciences expérimentales et détruit toutes les philosophies de l'absurde, y compris en sciences.

 

Le bon et le mauvais – christianisme et politique (1996)

Tresmontant s'approche de la politique et déconstruit l'édifice laïc kantien.

 

La question de l'immortalité de l'âme (1996)

Petit texte génial que je trouve capital car il induit la présence de l'immortalité de l'âme.

 

Les métaphysiques principales (1989)

Un essai exaltant qui va à l' « essentiel »

 

Lire aussi les conseils de lecture de Matthieu Boucart

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 00:00

"Bravo pour cette initiative! J'ai eu la chance de lire Tresmontant il y a une quarantaine d'années et son exposition des implications métaphysiques de la pensée hébraïque s'est avérée un puissant antidote contre les tentations occultistes et gnostiques qui n'ont pas manqué de surgir en une époque que l'on ne qualifiait pas encore de "Nouvel Age". De Tresmontant, je ne connais que les livres. Rien ou très peu sur l'homme. Cette forme "d'inexistance" est tout de même assez curieuse et intrigante, en un siècle si médiatique. J'espère que ce blog permettra de combler cette lacune, tout en restant dans l'esprit du penseur. En tout cas, bravo encore pour cette initiative!" (PG, le 29.06.2011)

 

"Je découvre votre blog... et me sens à présent moins seule!!! C'est un monsieur de 80 ans qui m'a parlé de Tresmontant, à l'origine de sa conversion. Depuis, j'ai lu quelques ouvrages et ne comprends vraiment pas pourquoi cet auteur n'est pas plus connu et reconnu dans l'Eglise. Je n'ai fait que survoler votre blog et vais me pencher dessus plus longuement à l'avenir. Il s'agit juste d'un message de remerciement pour votre initiative et d'encouragement pour la poursuite de ce travail. A bientôt et bravo!" (Claire, le 9.07.2011)

 

"Je découvre votre blog avec un bonheur certain. Je suis un "vieux" monsieur de presque 70 ans, et il y a déjà quelques années que j'ai pris connaissance des principaux écrits de Claude Tresmontant. Cela m'a fasciné, tant son approche des questions fondamentales en matière de métaphysique et de théologie était d'une limpidité inhabituelle...et convaincante! Ayant par ailleurs été touché par le témoignage d'André Frossard (dont j'ai pratiquement lu tous les écrits), il m'est apparu qu'il y avait une merveilleuse complémentarité entre les 2 personnes : l'un s'appuie sur l'intelligence pour conduire à la foi, l'autre, ayant vécu une expérience mystique de conversion instantanée, part de la foi reçue en un éclair pour raisonner celle-ci "après-coup" (...). Il reste que les conclusions essentielles que tirent ces 2 personnes hors du commun à propos du christianisme sont identiques : le christianisme est vrai et il est la seule espérance dont dispose le genre humain pour trouver le sens de l'existence..." (Jean, le 19.07.2011)

 

"Merci pour le magnifique travail que vous réalisez pour la pensée et l'oeuvre de Claude Tresmontant" (Christophe, le 26.08.2011)

 

"Je veux simplement vous dire que je viens de découvrir votre site, que j'en suis très heureux et que je vous félicite de l'avoir créé. J'ai pratiquement lu tout Tresmontant dont l'influence sur ma perception des choses a été déterminante. Il est capital de faire connaître cet auteur remarquable." (Claude, le 23.09.2011)

 

"Je découvre votre blog ce soir ; je vous écris pour vous remercier et vous féliciter du travail que vous entreprenez pour faire connaître la pensée de Claude Tresmontant, scandaleusement inconnue aujourd'hui. Ayant découvert cette pensée au hasard de mes fouilles chez les bouquinistes il y a maintenant quelques années, je peux dire que la voix de Claude Tresmontant, claire, vive et forte (et que j'entends pour la première fois ce soir sur support audio), m'est depuis lors devenue familière et presque intime. Aussi, c'est avec joie que je salue votre initiative." (Régis, le 30.09.2011)

 

"Bravo pour vos efforts afin de répandre la pensée de Claude Tresmontant. Il est un maître à penser si éclairant." (René, le 5.10.2011)

 

"Toujours tonique et un brin polémique. Dynamisant." (Daniel, le 20.10.2011)

 

"Je viens de découvrir ce blog (...). Je suis un lecteur de Tresmontant, et malgré quelques désaccords avec lui, il s'est imposé à moi comme un penseur majeur, et ce dès ma première lecture de son oeuvre." (Nicolas, le 20.10.2011)

 

"Merci pour votre blog et la diffusion de l'interview audio. Etant un grand admirateur de l'oeuvre métaphysique et théologique de Claude Tresmontant, je suis devenu chrétien grâce à lui." (Cédrick, le 17.11.2011)

 

"J'aime bien votre enthousiasme... et je le trouve fort bien placé... Tresmontant est un auteur passionnant, très pédagogique, et qui a fait une oeuvre capitale en pensant très fort aux besoins de notre époque... Epoque ingrate... L'Institut a sauvé l'honneur en lui décernant un grand prix pour toute son oeuvre... mais que l'époque est aigre... Qui discute vraiment une oeuvre pareille? Comte-Sponville, Onfray, etc.? Personne... on ne glose plus qu'autour de la question du mal ou on fait de l'anti-christianisme... mais le fond, ça... "Comment se pose aujourd'hui le problème de l'existence de Dieu" me fut proposé vers mes 17 ans, par les jeunes du MJCF, dans les années 1977-1978... J'ai fini par l'ouvrir et j'en fut profondément impressionné, à vie : on pouvait être chrétien et dominer les problèmes scientifiques et philosophiques de son temps!? répondre en raison aussi pertinemment à toute cette culture qui s'insinuait de partout, avec prestige et unanimisme!? Marx, Sartre, le structuralisme athée, etc, etc.!? Ce fut un choc. Ce fut le début d'une longue quête, qui m'anime encore à 50 ans ; et où Tresmontant, désormais parmi bien d'autres, garde une belle place. Vous avez raison de le mettre en valeur. Son oeuvre est décisive." (Vicenzo, le 8.03.2012)

 

"Quelqu'un pourrait-il m'expliquer pourquoi le clergé ne fait pratiquement jamais référence, tout au moins dans ses sermons, à Claude Tresmontant et à toute l'école de pensée qui s'y rattache? Les quelques ecclésiastiques ou amis suivant des cours de théologie ignorent tout cela, et j'ai même l'impression que cela ne les intéresse pas. Pour eux, la foi est un acquis, sans discussion. Médecin formé à l'esprit scientifique, cela me laisse rêveur..." (Jacques, le 13.07.2012)

 

"Je découvre avec joie, à travers votre site, la pensée de Claude Tresmontant. L'articulation de la foi et de la raison est le défi essentiel auquel sont confrontés les catholiques de ce début de XXIème siècle. Si nous voulons vivre des Béatitudes et 'animer chrétiennement l'ordre temporel', alors il nous faut enraciner notre foi dans la raison, et blasphémer ainsi les idoles de l'impulsif et du relatif." (Gaultier, le 21.09.2012)

 

"Merci Matthieu, à vous et à vos collègues, pour ce blog. J'ai 68 ans, et grâce à vous, je redécouvre Claude Tresmontant que j'ai lu il y a longtemps, quand j'étais étudiant, et que j'avais un peu oublié. Il ne me restait de ses ouvrages que sa traduction des Evangiles et 'Problèmes de notre temps'. J'ai racheté ceux que j'avais perdus (prêtés, et... disparus!) - et j'espère qu'une de mes belles-filles qui s'intéresse à votre blog les lira." (Jean, le 2.01.2013)

 

"Je trouve par hasard ce blog sur mon ancien prof quand j'étais en Sorbonne en cours de philo ancienne et médiévale. Ce type était passionnant et je me souviens aussi de lui en examen, un type supérieurement intelligent, parfois un peu hâtif quand il affirmait des choses, mais c'était amusant car il y avait toujours un étudiant pour le pousser dans ses retranchements! Quels merveilleux souvenirs... Amphi Cauchy!..." (Agnès, le 21.01.2013)

 

"Quelle joie de découvrir ce blog! Je m'appelle Bruno, j'ai 38 ans. J'habite et je travaille à Montréal dans le domaine pastoral. Je suis tombé par hasard sur des livres de Tresmontant dans une librairie catholique à Montréal (maintenant fermée...). Heureusement, j'avais tout acheté car je n'ai pu en trouver d'autres. J'avais commencé par l'ouvrage sur les "Métaphysiques Principales". Puis "Sciences de l'univers et problèmes métaphysiques" ; "Problèmes du christianisme" ; les "Origines de la philosophie chrétienne". Je suis tombé en amour avec la profondeur et la clarté de ses livres, empreints de foi, de raison philosophique et d'acuité scientifique. J'en avais parlé à l'époque à un professeur que j'estimais beaucoup, maintenant décédé. Il demeura "perplexe" vis-à-vis de Tresmontant, rares sont ceux qui semblent le connaître. Moi-même, je ne connais pas toutes les controverses entourant Tresmontant. Je vais donc dévorer votre blog! Etant moi-même chrétien évangélique (pasteur jeunesse et aumônier), je trouve remarquable et très inspirant le travail amorçé par d'éminents scientifiques/théologiens/exégètes catholiques tels que Teilhard de Chardin et Tresmontant. Cet effort de faire connaître Tresmontant me réjouit énormément. En tout cas, sachez que je vous lirai et probablement vous citerai à l'occasion ; je partagerai aussi ce blog avec mes confrères protestants. Que Dieu vous bénisse abondamment." (Bruno, le 10.03.2013)

 

"Bravo pour ce blog et merci à ceux qui l'ont conçu. Je suis très impressionnée par l'immense travail de recherche que cet auteur a dû faire pour aboutir à une telle oeuvre magistrale. Dans un de ses livres, il a parlé de l'importance et des répercussions bénéfiques ou mauvaises que peut avoir un livre. Nul doute que les siens auront leur impact bénéfique sur l'humanité et contribueront à conduire celle-ci vers plus de foi, plus d'humanité, et surtout vers plus d'élévation spirituelle. Votre cher Professeur était un envoyé de notre Créateur pour accomplir sur la terre une mission dont il s'est acquitté de façon splendide. La diffusion de ce blog le fera connaître de plus en plus, je l'espère." (Anne-Marie, le 5.05.2013)

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 00:00

Chers amis,

 

En exclusivité absolue sur ce blog, nous publions ci-dessous une interview audio donnée par Claude Tresmontant en décembre 1996quelques mois seulement avant sa mort (notre auteur s'est éteint dans la nuit du 16 au 17 avril 1997).

 

Interrogé par Jérôme Dufrien - qui nous a fait l'honneur et la grâce de nous confier la diffusion de ce document exceptionnel -, Claude Tresmontant revient sur les grands thèmes de son oeuvre.

 

Ce document est vraiment unique en son genre. Il est à ce jour, sauf erreur, le seul enregistrement audio du maître disponible sur Internet.

 

Comme me l'écrit notre ami et bienfaiteur : "Il s'agit, j'en suis pratiquement certain, de son dernier enregistrement. [...] Se situant sciemment à contre-courant de la pensée philosophique contemporaine, Claude Tresmontant n'était pas sollicité par les médias. Je doute d'ailleurs qu'il existe d'autres enregistrements similaires".

 

Je suis vraiment honoré de ce grand privilège qui m'est donné de contribuer à la diffusion de ce document sonore, qui va permettre à nombre d'entre vous qui connaissez déjà l'auteur par ses ouvrages, d'entendre sa voix ; et à ceux qui ne le connaissent pas encore, à travers cette émission, "de découvrir la beauté, la splendeur du christianisme qui nous révèle notre destinée surnaturelle" - pour reprendre les termes de Jérôme Dufrien, dans la lettre qu'il m'a adressée.

 

Je vous invite sans plus tarder à vous mettre à l'écoute du cher Professeur, qui aborde sans détour les sujets suivants :

 

1. André Comte-Sponville : 

 

2. Le néo-positivisme :

 

3. L'athéisme :

 

4. La Révélation divine : 

 

5. L'usure irréversible de l'Univers : 

   

 

6. L'accélération de l'Evolution :

 

7. Le problème du mal :  

 

8. Ce qu'est la vie chrétienne :  

 

9. Le déterminisme : 

 

10. Jean-Paul II : 

 

11. L'avortement : 

 

 

12. L'Eglise : 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 00:00

Le blog Claude Tresmontant est administré par deux fervents disciples du cher (et regretté) Professeur : Matthieu Boucart et Jérémy-Marie Pichon.

 

Matthieu & Jérémy 11.11.2012

Matthieu Boucart & Jérémy Marie    

 

Matthieu Boucart

 

"Avant d’aller plus loin sur ce blog, il est naturel que je me présente.

 

"Je m’appelle Matthieu Boucart. Juriste de formation, j’exerce actuellement une activité professionnelle dans le milieu du droit.

 

"Catholique pratiquant, j’ai été confirmé sur le tard en 1998 (l'année de l'Esprit Saint!), à l’âge de 25 ans, des mains du Cardinal Jean-Marie Lustiger.

 

"J’ai fondé en 2005 un blog sur la foi chrétienne : Totus Tuus. J’ai eu ainsi l’occasion de dialoguer avec des lecteurs d’horizons divers : des athées, des agnostiques, et des croyants de toutes origines (catholiques, protestants, musulmans…).

 

"Mes sujets de prédilection sont : la question de l’existence de Dieu ; les relations entre la foi et la raison ; le mystère de l’Eglise. Tous sujets traités, avec grand talent, par notre philosophe, Claude Tresmontant.

 

"Nombre de mes articles ont été inspirés par ce dernier. Pour les plus impatients d’entre vous qui souhaiteraient en savoir plus sur l’auteur sans attendre la publication des articles à venir de ce blog – et qui désireraient notamment connaître ses développements contre l’athéisme (je sais que je suis attendu au tournant ! ) – je vous livre un échantillon de mes articles, tout imprégnés de la pensée du maître :

- Science ou métaphysique : faut-il choisir ?

- La métaphysique peut-elle nous donner des certitudes ?

- L’existence de Dieu : un préjugé ?

- Ce que nous enseignent les sciences de la nature (cf. en particulier les commentaires 1 à 35)

- Le néant existe-t-il ?

- L’athéisme, une croyance irrationnelle

- D'où vient qu'il y ait du "beau" dans l'univers?

 

"Comme catholique, je n’accueille pas sans réserve l’œuvre de Claude Tresmontant. Le regard que je porterai sur son immense travail sera donc critique – nécessairement critique. Sa pensée sera passée au crible de la doctrine catholique. Je ne crois pas, ce faisant, trahir l’esprit de l’auteur, puisque la pointe de son œuvre consiste précisément à démontrer que la plénitude de la vérité se trouve ultimement dans l’Eglise catholique « qui a son centre d’auto-régulation à Rome » : « L’infaillibilité de l’Eglise n’est pas l’infaillibilité de l’humanité assumée, mais l’infaillibilité de Dieu qui assume (…). Dieu n’abandonne pas l’humanité à ses propres forces. Il est présent et opérant dans l’Eglise. » [1] Nous ne ferons donc qu’appliquer l’enseignement de l’auteur en confrontant ses analyses à la doctrine de l’Eglise catholique, en laquelle il voit un « mystèrion, c’est-à-dire une réalité physique, sensible, visible, qui contient l’opération de Dieu ».

 

"A ce jour, nous sommes, Jérémy Marie et moi, les uniques rédacteurs de ce blog. Il n’est pas exclu que d’autres nous rejoignent [2]. Il y a, parmi vous, nous le savons, de fervents admirateurs de Claude Tresmontant. Et sans doute d’excellentes plumes… N’hésitez pas, si vous le souhaitez, à nous soumettre un texte (ou un audio, une vidéo…) que vous seriez heureux de publier pour faire connaître l’auteur, ou témoigner de ce qu’il a pu vous apporter, ou encore développer tel ou tel aspect de sa pensée – merci alors de nous préciser sous quel nom vous désirez faire paraître votre contribution. Ce blog appartient à tous ceux qui aiment et désirent faire connaître le cher Professeur au monde entier !

 

"Avis également aux traducteurs, qui aimeraient contribuer à faire connaître la pensée du maître au-delà des frontières franco-françaises.

 

"Vous avez toute liberté de diffuser le plus largement et dans toutes les langues les textes de ce blog – à la seule condition de citer votre source."

 

Jérémy-Marie Pichon

 

"Je m’appelle Jérémy-Marie Pichon, né en 1986, doctorant en Littérature française (Paris IV Sorbonne), titulaire d'un Master 2 de philosophie (Paris IV Sorbonne), j’enseigne dans ces disciplines et je suis également critique littéraire et de cinéma.

 

"Baptisé le 20 octobre 2011 à Marseille, puis confirmé le 20 mai 2012, je suis venu au christianisme par la raison, avec une curiosité qui grandit sans cesse ; je me présente comme un catholique de coeur – le cœur, leb, désignant l’organe de l’intelligence dans l’univers hébraïque.

 

"J’ai un amour viscéral pour toute la pensée hébraïque orthodoxe et les sciences expérimentales ; mes modèles de chercheurs sont René Girard, Claude Tresmontant et surtout Maurice Blondel – je refuse toutefois d’en être "un disciple béat" pour reprendre l’expression de Tresmontant lorsqu’il nous prévenait contre toute entropie des "commentateurs des commentaires".

 

"Mon projet est d'associer l'intelligence et la mystique dans une union organique intégrale.

 

"J’ai lu tous les livres publiés de Claude Tresmontant en prenant soin, pour chacun, de noter les remarques décisives. De plus, je rédige actuellement un traité d'anthropo-théologie. J’ai décidé de mettre à la disposition du site mes notes et mes synthèses qui répondent à un devoir de clarté, d’esprit et d’amitié.

 

"Ma mission repose sur ce postulat : Si le christianisme est la vérité, comment le présenter de manière intelligible au XXIe siècle ?"

 


[1] Claude Tresmontant, Les premiers éléments de la théologie, ŒIL Paris 1987, p. 287

[2] Nous avons eu ainsi la joie d'accueillir, depuis la première publication de cet article, les contributions de Marina Maïko, ancienne élève du cher Professeur, qui nous a fait part de ses émouvants souvenirs, et de Jean Alardin qui nous a dressé un portrait comparé saisissant du Maître avec André Frossard.

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 18:05

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  • : Le blog Claude Tresmontant
  • : Blog consacré à l'un des plus grands métaphysiciens catholiques du XXe siècle, qui démontra le caractère irrationnel de l'athéisme.
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